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Le décollage du Brésil

Le BRIC est le groupe de pays formé par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, pays à forte croissance, dont le poids dans l’économie mondiale augmente considérablement. Ce terme est apparu pour la première fois en 2003 dans une thèse de la banque d’investissement Goldman Sachs. Ce rapport tendait à montrer que l’économie des pays du groupe BRIC va rapidement se développer ; le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie).

Parmi ces pays du BRIC, le Brésil ne semblait pas initialement être en position pour figurer avec ces géants : un lieu d’assez forte instabilité politique, une capacité à gaspiller ses ressources, une inflation incontrôlable, une faible densité de population, etc…

Aujourd’hui ce scepticisme est balayé. La Chine et la Brésil sont les pays qui ont su profiter de la crise. Naturellement il n’a pas pu éviter une légère récession. Son économie continue cependant à croitre au rythme de 5% par an (2009). Cette croissance va très probablement continuer à s’accentuer dans les prochaines années grâce à d’excellents facteurs économiques et sociaux. Les prévisions varient, mais le Brésil actuellement 8e risque de pénétrer le Top 5 des premières puissances très rapidement.

D’une certaine manière on peut dire que le Brésil a de forts atouts vis-à-vis des autres pays du BRIC. En effet, c’est une démocratie, il n’y a pas de conflits ethniques ou religieux ou de guerres de voisinage, son économie est diversifiée, il a une réelle volonté de combattre la pauvreté et d’alphabétiser la totalité de la population. Sous la présidence de Lula, dont-il est bon de rappeler qu’il est issu de la classe pauvre, le gouvernement brésilien a réduit fortement les inégalités sociales et continuera en ce sens.

En fait, l’émergence du Brésil a été progressive, depuis les années 90, et la prise de mesures économiques risquées par le gouvernement. L’inflation a pu être maîtrisée, la loi a contraint les gouvernements fédéraux à réduire leurs dépenses et leurs dettes. La Banque Centrale s’est vue accorder plus d’autonomie, chargée de maintenir une faible inflation et d’assurer que les banques évitent l’aventurisme qui avait déja fait des dégats aux U.S.A et à la Grande Bretagne. L’économie brésilienne s’est très rapidement ouverte au marché extérieur et aux investissements étrangers, aussi de nombreuses entreprises publiques ont été privatisé.

Toutes ces mesures ont aidé un grand nombre de multinationales brésiliennes à se développer. Certaines étaient autrefois des entreprises étatales qui sont aujourd´hui en plein essort, grâce à la liberté de manoeuvre laissée par le gouvernement. Ce fut le cas pour Petrobras, Vale, Embraer mais aussi pour Gerdau, JBS qui sont des entreprises privées. Les investisseurs étrangers arrivent en masse, attirés par un marché très actif en raison de la baisse de la pauvreté et le gonflement de la classe moyenne et du pouvoir d’achat. Le pays a établit de solides institutions politiques. La presse libre et virulente aide à combattre la corruption.

Cela aurait été une erreur de sous-estimer le nouveau Brésil, tout comme de dissimuler ses faiblesses. Les dépenses du gouvernement augmentent plus rapidement que l’économie dans son ensemble, les secteurs publics et privés investissent encore trop peu, noircissant légèrement ces prévisons très enthousiastes. L’argent public est assez mal utilisé. Les effectifs des gouvernements fédéraux ont augmenté de 13 % depuis Septembre 2008. Les dépenses en sécurité sociale et retraite ont grimpé de 7% sur la même période alors que la population est jeune. Malgré de récentes améliorations dans l’éducation et les infrastructures, le Brésil accuse toujours un retard sur ces aspects par rapport à la Chine. La violence est également présente dans ce pays.

Il y a d’autres problèmes à l’horizon. En effet, le real a augmenté de près de 50 % par rapport au dollar (le dollar s’étant affaiblit) depuis début décembre 2008. La hausse du pouvoir d’achat des brésiliens s’est produite notamment grâce à la baisse du coût d’importation, mais cela rend la vie dure aux exportateurs. Le gouvernement a imposé le mois dernier une taxe sur les flux financiers afin de favoriser l’économie réelle en contexte de crise économique mondiale. Néanmoins cela devrait avoir un effet anecdotique sur l’arrêt de l’appréciation de la monnaie.
La réponse instinctive de Lula à ce dilemme est une forte politique industrielle. Par exemple, le gouvernement va exiger des industries en charge de l’exploitation des puits de pétrole, qu’elles s’équipent pour maintenir la production au Brésil, et ainsi pérenniser le secteur. Ainsi la société « Vale », va devoir investir et développer une nouvelle aciérie. Il est vrai que la politique publique a aidé à créer une industrie de base au Brésil mais la privatisation et l’ouverture aux investisseurs a accéléré le mouvement.

Peut-être que le plus grand danger du Brésil est son orgueil. Mais il est bon de souligner que si le pays mérite respect et admiration, il ne faut pas oublier qu’il bénéficie d’un contexte économique qui a beaucoup affaibli les autres grandes nations. Moralité, les fondamentaux d’une base solide de développement et surtout de pérennisation économique au Brésil sont en cours de construction.

Conclusion : si la machine semble être lancée, et si le décollage du pays est imminent, il faudra cependant sécuriser le système d’atterrissage.

Par eurobiz le 17 novembre, 2009 dans Economie

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